mercredi, 5 août, 2026
Ceuta: le Maroc annonce la mort de 11 migrants dans un premier bilan officiel
Le blocus imposé par Trump plonge Cuba dans les ténèbres… 10 millions de personnes sont plongées dans l’obscurité.
Une première : Taïwan mène les plus grands exercices militaires au monde pour contrer le « blocus chinois ».
Porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la République islamique : Il n’y a pas de négociations avec les États-Unis.
Les États-Unis augmentent la production de composants des systèmes d'interception Patriot et THAAD.
Les forces aériennes américaines et saoudiennes ont lancé des frappes massives contre les forces des FMP en Irak.
L'Ukraine recevra le système de lance-roquettes multiples français Thunderart à longue portée.
Selon Axios, citant deux sources régionales proches du dossier, les dirigeants du gouvernement iranien ont rejeté la dernière offre des médiateurs.
Porte-parole du gouvernement britannique : Nos forces armées sont prêtes à répondre à toute attaque.
Trump a déclaré qu'il surveillait le site de stockage et de transfert de matières nucléaires de la République islamique (le mont Kalanggazelle) et qu'il ciblerait probablement bientôt cette zone.
Tribune du Pacte social .
Propos liminaires .
Thème : Réconciliation nationale et cohésion sociale en Côte d'ivoire.
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais d’abord vous remercier pour votre présence.
Je salue également les responsables politiques, le commissaire général du pacte social, les représentants de la société civile, les ambassadeurs du Pacte social ainsi que tous les citoyens qui suivent cette conférence de presse.
La tribune de ce jour est consacrée à un sujet qui dépasse les clivages partisans. C’est la réconciliation nationale et la cohésion sociale.
La Côte d’Ivoire a connu, depuis son indépendance, des périodes de stabilité, des crises politiques, des conflits armés, des violences communautaires et des fractures profondes. Malgré les progrès réalisés, notre pays est-il véritablement réconcilié ?
Notre réponse est que non, nous vivons côte à côte sans véritablement une cohabitation partagée donc la réconciliation reste inachevée.
Le président Laurent Gbagbo a toujours défendu le fait qu’une nation ne se construit pas durablement par la peur, par l’exclusion ou par le silence. Elle se construit par le dialogue, par la justice et par la reconnaissance mutuelle.
C’est le sens du Pacte social qu’il a proposé aux Ivoiriens. Ce pacte repose sur l’idée fondamentale qu’il faut reconstruire la confiance entre les citoyens, entre les communautés et entre les acteurs politiques.
Notre slogan est simple : « Asseyons-nous et discutons. ». Cette formule n’est pas un slogan de circonstance. C’est une école politique.
Aujourd’hui, nous voulons dresser un état des lieux lucide de la réconciliation nationale et proposer des solutions concrètes.
La réconciliation ne peut pas être comprise si l’on ignore notre histoire.
Depuis les années 1960, trois questions reviennent à chaque grande crise.
La première est la question de l’appartenance nationale.
La deuxième est la question du foncier.
La troisième est la question de la représentation politique.
Ces trois fractures ont traversé toutes les périodes de notre histoire récente.
La stabilité de l’ère Houphouët-Boigny a permis une forte intégration économique et une relative paix sociale. Mais certaines tensions sont restées enfouies, notamment autour de la terre, des questions politiques et de la citoyenneté enfin des équilibres régionaux.
Les épisodes du Sanwi et du Guébié rappellent que des conflits internes ont existé bien avant les crises contemporaines. Ils montrent aussi que la mémoire des violences non reconnues ne disparaît jamais complètement.
Dans les années 1990, la question de l’ivoirité a profondément fragilisé le sentiment d’appartenance nationale. Des citoyens ont eu le sentiment d’être exclus de la communauté nationale. Les tensions identitaires se sont aggravées. Le débat politique s’est progressivement transformé en débat sur l’origine, la nationalité, la religion, la région et l’éligibilité.
Le coup d’État de 1999 a marqué une rupture majeure. La violence est entrée durablement dans la compétition politique.
La vision du président Gbagbo : le dialogue comme instrument de paix dès son accession au pouvoir
Lorsque le président Laurent Gbagbo accède à la présidence en 2000, il fait du dialogue l’axe central de son action. En 2001, il organise le Forum national de la réconciliation.
Un Ministère en charge de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale
Pour la première fois, les principaux acteurs politiques du pays se retrouvent autour d’une même table pour discuter des causes des divisions ivoiriennes.
Le retour des acteurs politiques au pays, fin d’exil des président Bédié et Ouattara
Le président Gbagbo prononce alors une phrase qui reste d’une grande actualité : « Dites seulement une parole, et la Côte d’Ivoire sera guérie. » Cette vision repose sur le principe que la parole est préférable à la violence.
Le Forum de la réconciliation a permis des avancées importantes. Il a favorisé le retour de plusieurs acteurs politiques dans le débat national. Il a reconnu la nécessité d’aborder les questions de mémoire, de nationalité et de cohésion sociale, de statuts des anciens présidents, chefs d’institutions et ministres.
La rébellion de 2002 a malheureusement interrompu ce processus.
Pendant toute la période de la crise, le président Laurent Gbagbo a privilégié la négociation. Les accords de Lomé, d’Accra, de Linas-Marcoussis, de Pretoria et enfin l’Accord politique de Ouagadougou témoignent de cette volonté constante de rechercher une solution politique.
L’Accord de Ouagadougou de 2007 a constitué un tournant majeur. Il a permis une réunification progressive de l’administration, la mise en place d’un gouvernement d’union et une dynamique de sortie de crise portée par des acteurs africains.
Cette expérience nous enseigne qu’aucune crise ivoirienne n’a été résolue durablement par la seule force. Toutes les avancées sont passées par le dialogue.
C’est cette conviction que le président Laurent Gbagbo continue de porter aujourd’hui.
Quinze années après la crise, un bilan contrasté
Mesdames et Messieurs,
Après la crise de 2011, la Côte d’Ivoire demeure encore dans une crise latente, une cohésion sociale de face à face.
Le retour progressif des réfugiés, la reprise de l’activité économique, les investissements publics et le fonctionnement régulier des institutions constituent des avancées importantes.
Mais la question qui nous réunit aujourd’hui est différente.
La stabilité est-elle devenue une véritable réconciliation ? Nous pensons que non.
Pourquoi ? Parce que la réconciliation se mesure à la confiance entre les citoyens. Elle se mesure à l’égalité devant la justice. Elle se mesure à la capacité des adversaires politiques à concourir librement. Elle se mesure au sentiment d’appartenir pleinement à la même nation.
Sur ces questions, les insuffisances demeurent nombreuses.
Une mémoire encore douloureuse
La crise post-électorale de 2010-2011 a laissé des milliers de victimes, des familles brisées, des disparus, des déplacés et des traumatismes profonds. Et jusqu’à aujourd’hui cette plaie demeure dans le tissu social ivoirien.
Des mécanismes institutionnels ont été créés, notamment la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation, puis la CONARIV. Ces initiatives ont permis d’écouter de nombreuses victimes et d’engager un processus d’indemnisation.
Un ministère de la réconciliation qui a disparu du jeu politique, très éphémère.
Les différentes propositions et solutions de ces institutions pour la réconciliation sont restées pour la majeure partie muettes et inopérantes.
La déportation hors du pays d’un président et son ministre à la C P I.
L’emprisonnement continue des opposants et de leur musèlement.
Les conflits entre communautés toujours inscrit dans le registre ivoirien.
L’exclusion électorale bombe à retardement utilisé par le parti au pouvoir de 2015 à 2025
Le tripatouillage de la constitution à des fins politiques
Une partie importante des populations concernées par la réconciliation estime que la vérité n’a pas été pleinement établie et que les réparations sont restées insuffisantes ou inégalement mises en œuvre. La réconciliation ne peut pas reposer sur une mémoire sélective. Toutes les victimes méritent la même considération.
Au vue de cette étude nous sommes en droit de dire que la question de la réconciliation nationale n’est pas en bonne place dans l’action gouvernementale du pouvoir actuel.
La question de la justice
L’un des principaux obstacles à la réconciliation est la perception d’une justice inégalement appliquée depuis 15 ans.
Après 2011, de nombreux observateurs nationaux et internationaux ont relevé que les poursuites ont concerné principalement des acteurs d’un seul camp. Or une justice perçue comme déséquilibrée nourrit durablement le ressentiment.
La justice doit être indépendante. Elle ne doit pas être un instrument de règlement de comptes politiques. Elle doit protéger tous les citoyens, quelle que soit leur appartenance politique.
L’exclusion politique, un facteur de crise
L’histoire de la Côte d’Ivoire montre une constante préoccupante. Dans les années 1990, plusieurs figures politiques majeures ont été exclues du jeu électoral.
En 2025, plusieurs leaders politiques n’ont pas pu participer à l’élection présidentielle pour des motifs juridiques contestés.
On peut avoir des opinions différentes sur chaque dossier. Mais une démocratie ne se consolide pas par l’élimination des principaux concurrents. Elle se consolide par la compétition ouverte.
Lorsque des millions de citoyens ont le sentiment que leur candidat ne peut pas concourir, la confiance dans les institutions s’affaiblit. La réconciliation suppose donc une ouverture réelle du jeu politique par le pouvoir actuel.
Le foncier, une fracture persistante
Les conflits liés à la terre demeurent encore des principaux facteurs de tension dans plusieurs régions actuellement en Côte d’Ivoire. La loi de 1998 sur le domaine foncier rural n’a pas permis de régler durablement les difficultés. La majorité des droits fonciers repose encore sur des arrangements coutumiers insuffisamment sécurisés.
Cette situation alimente des conflits entre communautés, entre familles et entre générations. La paix sociale passe aussi par une réforme foncière équitable et appliquée sur l’ensemble du territoire. Le pouvoir actuel stagne sur ces questions préoccupantes.
La jeunesse, enjeu décisif de la paix et de la cohésion sociale
Toutes les grandes crises ivoiriennes ont mobilisé une partie de la jeunesse.
La jeunesse demeure en grande partie sans emploi, sans perspectives et sans formation et devient plus vulnérable aux manipulations politiques et communautaires. La réconciliation ne peut donc pas être séparée des questions sociales et professionnelles. Le pouvoir actuel doit pouvoir créer des emplois. Développer la formation professionnelle. Soutenir l’entrepreneuriat. Réduire les inégalités territoriales. Tout cela participe directement à la cohésion nationale.
Nous sommes très éloignés de ces valeurs avec le pouvoir actuel.
Les propositions du président Laurent Gbagbo pour une réconciliation durable
Mesdames et Messieurs,
Le président Laurent Gbagbo ne considère pas la réconciliation comme une opération de communication. Il la considère comme une politique publique.
La Côte d’Ivoire a besoin d’un nouveau contrat national fondé sur la confiance, la justice et le dialogue. Nous proposons dix engagements.
Première proposition, un dialogue politique permanent
La réconciliation ne peut pas dépendre des crises. Nous proposons la création d’un Conseil national permanent du dialogue, réunissant les anciens présidents de la république et les anciens présidents d’institutions, les partis politiques, la société civile, les autorités coutumières et religieuses, les organisations de jeunesse et de femmes. Ce cadre devra se réunir régulièrement, même en période de stabilité. L’objectif est de prévenir les crises au lieu de les subir.
Deuxième proposition, une ouverture réelle du jeu démocratique
La paix électorale passe par des élections inclusives. Nous proposons une réforme consensuelle du code électoral et des conditions d’éligibilité. Aucun acteur politique majeur ne doit être exclu de manière arbitraire. La compétition démocratique est un facteur de stabilité. L’exclusion est un facteur de radicalisation.
Troisième proposition, une justice indépendante et impartiale
La justice doit être la même pour tous. Nous proposons le renforcement des garanties d’indépendance du pouvoir judiciaire. Les poursuites doivent reposer sur les faits et non sur l’appartenance politique. Les victimes de toutes les crises doivent bénéficier des mêmes droits. La prison ne doit jamais devenir un instrument de gestion des opposants politiques.
Pour le président Laurent Gbagbo, la réconciliation ne peut pas être construite sur l’effacement des responsabilités ou sur le silence. Elle se nourrit de vérité. Les peuples ne se réconcilient durablement que lorsqu’ils comprennent ce qui s’est réellement passé.
C’est pourquoi il considère qu’un véritable processus judiciaire est nécessaire. Il ne s’agit pas d’organiser une justice de vainqueurs, mais de rechercher la vérité, d’établir les faits, de reconnaître les responsabilités et de permettre aux victimes d’être entendues.
Un procès peut avoir une fonction de vérité. Il permet de soulager les cœurs, d’apaiser les familles, de restaurer la dignité des victimes et de créer les conditions d’une mémoire partagée. Une société qui refuse de regarder son histoire en face laisse les blessures ouvertes.
Dans cette vision, la justice et la paix ne s’opposent pas. La justice recherche la vérité. La vérité prépare la réconciliation et la réconciliation vraie donne la paix. Et une fois cette vérité établie, la nation peut faire preuve de grandeur en plaidant, si les circonstances le permettent, pour des mesures de grâce, de libération ou d’amnistie au nom de la paix, de la cohésion nationale et de la reconstruction d’une cohésion sociale réussite ensemble.
Cette séquence est essentielle. D’abord la vérité, ensuite le pardon. D’abord la justice, ensuite la paix durable.
Quatrième proposition, une véritable politique de mémoire
La réconciliation exige la reconnaissance de toutes les souffrances. Nous proposons une politique nationale de mémoire incluant toutes les grandes tragédies ivoiriennes. Le Sanwi. Le Guébié. Les violences des années 1990. La rébellion de 2002. La crise post-électorale de 2010-2011 de 2020 et 2025. Toutes les victimes méritent d’être reconnues. Aucune mémoire ne doit être hiérarchisée.
Cinquième proposition, une réforme équitable du foncier rural
Le foncier est une question de paix nationale. Nous proposons l’accélération de la sécurisation des droits fonciers, la médiation locale des conflits, la clarification des droits coutumiers et la transparence des procédures administratives. Une terre sécurisée est une terre moins conflictuelle.
Sixième proposition, la neutralité républicaine des forces de défense et de sécurité
Les forces de défense et de sécurité doivent être au service de la République. Nous proposons le renforcement de leur formation républicaine, la protection de leur neutralité politique et le renforcement des mécanismes de contrôle démocratique. La confiance dans les institutions commence par la confiance dans ceux qui portent les armes de la République.
Septième proposition, un plan national pour la jeunesse et la paix
Le président Laurent Gbagbo considère que la jeunesse occupe une place non négligeable pour la réconciliation nationale. Nous proposons un vaste programme d’emploi, de formation professionnelle, d’entrepreneuriat, de volontariat civique et d’investissement dans les régions les plus fragiles. Un jeune qui travaille construit la paix. Un jeune abandonné devient une cible pour les entrepreneurs de la haine et les marchands d’armes.
Huitième proposition, la réduction des inégalités territoriales
La cohésion nationale exige une répartition plus équilibrée des opportunités. Nous proposons un programme de rattrapage régional en matière d’éducation, de santé, d’infrastructures, d’emploi et d’accès aux services publics. Chaque région doit se sentir pleinement associée au développement national.
Neuvième proposition, une éducation au couleur de la cohésion sociale
Nous proposons le renforcement de l’éducation civique, de l’histoire nationale, de la culture du dialogue et de la prévention des discours de haine. La réconciliation ne se construit pas seulement dans les institutions. Elle se construit aussi dans les écoles, dans les médias et dans les familles.
Dixième proposition, un pacte pour la consolidation pour la paix
IL faut faciliter le retour des exilés selon notre loi fondamentale la constitution nul n’a le droit d’être contraint à l’exil.
La libération des prisonniers d’opinion
Conclusion
Mesdames et Messieurs,
La réconciliation nationale n’est pas une faveur accordée à une opposition. Ce n’est pas un slogan. Ce n’est pas une cérémonie. C’est une condition de survie de notre nation.
L’histoire de la Côte d’Ivoire nous enseigne une vérité simple. Chaque fois que nous avons choisi l’exclusion, nous avons préparé une crise. Chaque fois que nous avons choisi le dialogue, nous avons ouvert un chemin vers la paix.
Aujourd’hui, notre pays n’a pas besoin d’une réconciliation de façade. Il a besoin d’une réconciliation de confiance. Cette confiance ne peut pas être imposée.
Les crises ivoiriennes ne seront jamais durablement résolues par la force. Elles seront résolues par la parole. C’est le sens de sa formule : « Asseyons-nous et discutons. » Cette phrase résume une conception de la politique. Une conception dans laquelle aucun Ivoirien n’est de trop. Une conception dans laquelle la diversité est une richesse.
Une conception dans laquelle la démocratie n’est pas la victoire d’un camp sur un autre, mais la construction d’un destin commun.
Nous lançons donc un appel. Un appel au pouvoir. Un appel à l’opposition. Un appel aux institutions. Un appel à la société civile. Un appel à la jeunesse.
Asseyons-nous et discutons.
Discutons de la réforme électorale. Discutons du foncier. Discutons de la justice. Discutons de la mémoire. Discutons des libertés publiques. Discutons de l’avenir de nos enfants.
La Côte d’Ivoire a déjà payé un prix trop élevé.
Des milliers de morts. Des centaines de milliers de déplacés. Des familles séparées. Des communautés divisées. Nous n’avons pas le droit de transmettre ces blessures à une nouvelle génération.
Le véritable défi n’est plus seulement la coexistence pacifique. Le véritable défi est une cohésion sociale dans la dignité, dans l’équité, dans la confiance et dans la justice.
La réconciliation ne demande pas d’oublier. Elle demande d’établir la vérité pour que le pardon devienne possible.
C’est cette Côte d’Ivoire que le président Laurent Gbagbo propose.
Une Côte d’Ivoire réconciliée avec elle-même.
Une Côte d’Ivoire où la paix est vécue et pas seulement proclamée.
Une Côte d’Ivoire où chaque citoyen, quelle que soit son origine, sa région, sa religion ou son engagement politique, se sent pleinement respecté.
Une Côte d’Ivoire où la terre unit au lieu de diviser.
Une Côte d’Ivoire où la jeunesse espère.
Une Côte d’Ivoire où la mémoire guérit au lieu de blesser.
C’est cette vision que nous soumettons aujourd’hui au débat national.
Je vous remercie.