Le stratagème de la suspension des frappes : Trump piégé dans l’engrenage iranien

New Africa lundi, 3 août, 2026 35 0 0 0
Le stratagème de la suspension des frappes : Trump piégé dans l’engrenage iranien
Le stratagème de la suspension des frappes : Trump piégé dans l’engrenage iranien

Alors que les médias américains évoquaient l’intention des États-Unis et d’Israël d’attaquer les infrastructures énergétiques de l’Iran à la fin de la semaine dernière, le président américain, Donald Trump, a soudainement annoncé qu’il avait « annulé pour le moment » cette attaque.


Il a prétendu l’avoir fait à la suite d’une « demande de l’Iran et de pays du Moyen-Orient », posant pour condition d’obtenir « rapidement » un accord incluant « la réouverture immédiate, complète et globale du détroit d’Ormuz », ainsi que la fin de ce qu’il a qualifié de « menace nucléaire iranienne ».


Ce n’est pas la première fois, au cours des derniers mois, que Trump affirme, après des menaces initiales d’une attaque d’envergure contre l’Iran, qu’il donnera une chance à la diplomatie. Bien qu’il s’agisse de l’une de ses tactiques connues pour arracher des concessions à la partie adverse en lui faisant subir des pressions, cela traduit en même temps ses hésitations sur la manière de faire face à l’Iran, ce qui le fait osciller continuellement entre la guerre et les négociations. 


Il semble que le durcissement du ton de Trump et le pari sur la menace d’attaquer les infrastructures énergétiques en Iran soient le résultat de la rencontre ayant réuni le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et le président américain la semaine dernière à Washington.


En effet, la radio-télévision publique israélienne a rapporté, citant des responsables israéliens, leur mécontentement face à la décision d’annuler l’attaque, déclarant qu’il est « difficile de se préparer et de planifier sérieusement l’avenir avec la façon dont Trump gère les choses », et que « la majorité des discussions tournent actuellement autour du détroit d’Ormuz, et nous ne connaissons pas le sort des autres dossiers. Il y a une interrogation concernant le stock d’uranium en Iran et les engagements de l’administration Trump quant au comportement de Téhéran ».


Les craintes relatives aux répercussions d’une frappe contre les installations pétrolières iraniennes — notamment les menaces d’Iran de riposter à l’identique et de cibler les installations énergétiques de la région — avaient poussé d’autres alliés de Washington, dont l’Arabie saoudite, à agir pour parer au danger.


Dans ce cadre, le site US Axios a rapporté dimanche, quelques minutes après les déclarations de Trump sur l’annulation de l’attaque, que le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a demandé au président américain, lors d’un entretien téléphonique, d’apaiser les tensions et de s’abstenir de lancer une attaque d’envergure contre l’Iran.


L’agence de presse saoudienne SPA a confirmé cette information, indiquant que Ben Salmane et Trump ont discuté des « évolutions dans la région et de la désescalade », le premier soulignant la « nécessité de donner la priorité au dialogue afin de réduire les tensions ».


Selon le rapport, le prince héritier saoudien a également réaffirmé « l’importance de déployer tous les efforts possibles pour instaurer le calme qui pave la voie à des solutions diplomatiques et empêche, tout en préservant la sécurité et la stabilité dans la région, l’élargissement d’une guerre qui affecterait la sécurité et la stabilité internationales ». 


L’entretien entre Ben Salmane et Trump s’est tenu au lendemain de l’avertissement lancé par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, samedi soir, affirmant que toute attaque américaine ou israélienne se heurterait à une « riposte ferme » de la part de l’Iran, lors de contacts qu’il a eus avec des responsables de plusieurs pays de la région, dont son homologue saoudien, Fayçal ben Farhan, et le chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir — ce dernier agissant en tant que médiateur entre l’Iran et les États-Unis.

Il semble que les efforts des parties régionales se soient limités, jusqu’à présent, à empêcher l’escalade des tensions et le retour à une guerre totale, sans qu’aucun signe sérieux ne montre pour l’instant le lancement d’une initiative diplomatique visant à réactiver le protocole d’accord signé le 18 juin entre l’Iran et les États-Unis.


Néanmoins, il apparaît que les efforts des médiateurs pour relancer les négociations s’intensifieront au cours des prochains jours.  Pour en revenir à la suspension de l’attaque, sa cause réelle semble résider dans l’impasse découlant de la rareté des options s’offrant à Trump.


Le magazine Politico a cité des responsables de l’administration et de la Maison-Blanche indiquant que « l’équipe de Trump estime désormais peu probable de trouver une issue appropriée à la crise avant les élections » de mi-mandat du Congrès en novembre, témoignant de la frustration qui règne à la Maison-Blanche.


De son côté, le New York Times a rapporté, citant « deux responsables iraniens », que les dirigeants des Gardiens de la révolution (CGRI) ont élaboré secrètement, durant le court cessez-le-feu, des plans avec les chefs des « forces militaires alliées » sur la façon d’élargir le périmètre de la guerre et d’en alourdir le coût pour les États-Unis.


Les « récentes attaques dans la région du Moyen-Orient — au cours desquelles des alliés de Washington ont été ciblés — s’inscrivent dans le cadre du plan secret graduel qui prévoit le recours aux alliés de l’Iran pour intensifier les attaques si les USA intensifient ses opérations militaires ».


Le journal a évoqué, dans ce contexte, les opérations ayant visé des installations en Arabie saoudite, en Égypte et en Jordanie, y voyant une « extension du théâtre de la guerre en cours dans la région ». 


Des sources bien informées avaient précédemment indiqué à Al-Akhbar que l’Iran avait rejeté l’idée d’un contrôle séparé des voies de transit par Mascate et Téhéran dans leurs eaux territoriales respectives.


À la place, l’Iran a proposé lors de ses négociations avec Oman que la route d’entrée dans le détroit passe par les eaux iraniennes, et que la route de sortie soit gérée conjointement à travers les eaux iraniennes et omanaises — une formule qui lui permet d’asseoir son contrôle sur l’ensemble des flux d’entrée et de sortie.


Dans ce contexte, le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré hier dans un communiqué que « nos négociations avec le Sultanat d’Oman concernant le détroit d’Ormuz ne sont pas nouvelles, et nous sommes tenus de coopérer pour parvenir à un mécanisme de transit pour les navires », tout en affirmant qu’« il est impossible que la situation dans le détroit d’Ormuz redevienne ce qu’elle était avant la guerre ».


Le ministère a poursuivi : « Nous étudions actuellement avec Oman une voie de transit dans le détroit d’Ormuz qui ne soit ni le tracé Nord ni le tracé Sud. Cependant, le tracé que nous étudions à présent doit garantir nos intérêts communs ».


Alors que certains médias prétendaient que M. Araghchi avait accepté une proposition de compromis — élaborée par les médiateurs qataris et les États-Unis concernant le mécanisme de réouverture du détroit d’Ormuz —, l’agence Fars, rattachée aux Gardiens de la révolution, a démenti ces informations. Qualifiant ces rapports de mensongers, elle a confirmé qu’aucun accord n’avait été conclu à ce sujet.


L’agence a cité une source militaire affirmant : « Tant que les mesures hostiles américaines se poursuivront, le détroit d’Ormuz restera fermé, et le passage des navires ne sera possible que par la voie annoncée, et après avoir obtenu l’autorisation de la force navale des Gardiens de la révolution ».


Source : Al Manar

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