samedi, 20 juin, 2026
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Selon le rapport Mobile Economy Africa 2026 publié le 16 juin par la GSMA, les technologies et services mobiles ont contribué à hauteur de 240 milliards de dollars à l’économie africaine en 2025.
Pendant longtemps, la priorité des opérateurs africains a consisté à étendre la couverture des réseaux mobiles. Cette étape est aujourd’hui largement accomplie. Selon la GSMA, la quasi-totalité de la population du continent est désormais couverte par les réseaux haut débit mobiles, et seuls 9 % des Africains vivent encore dans des zones non desservies. Pourtant, l’inclusion numérique reste inachevée : près de 63 % des habitants vivent dans une zone couverte mais n’utilisent toujours pas l’internet mobile.
Cette situation illustre le changement de paradigme auquel est confrontée l’industrie. L’enjeu n’est plus seulement d’installer des infrastructures, mais de permettre aux populations, aux entreprises et aux administrations de tirer pleinement parti des réseaux déjà déployés.
290 milliards de dollars d’ici 2030
Selon le rapport GSMA’s Mobile Economy Africa 2026 de la GSMA, les technologies mobiles ont généré 240 milliards de dollars de richesse en Afrique en 2025, soit l’équivalent de 7,8 % du PIB continental. Le secteur a soutenu environ 13 millions d’emplois et généré 45 milliards de dollars de recettes publiques grâce aux taxes et contributions diverses. D’ici 2030, sa contribution économique pourrait atteindre 290 milliards de dollars, portée par l’accélération de la digitalisation et la diffusion des services numériques.
Cette évolution s’accompagne d’un changement profond du modèle des opérateurs. D’après les travaux de GSMA Intelligence, 79 % des opérateurs présents en Afrique considèrent désormais leur transformation en partenaires de la digitalisation des entreprises comme une priorité stratégique. Leur rôle ne se limite plus à fournir de la connectivité. Ils développent des plateformes numériques, des services financiers, des outils d’intelligence artificielle et ouvrent leurs réseaux aux développeurs à travers des interfaces standardisées.
« L’industrie mobile africaine entre dans une nouvelle phase de développement. Après avoir connecté des millions de personnes et d’entreprises au cours de la dernière décennie, l’attention se porte désormais sur la création de davantage de valeur grâce à l’intelligence artificielle, aux services numériques et à de nouvelles formes d’innovation », a déclaré Vivek Badrinath, directeur général de la GSMA.
L’intelligence artificielle figure parmi les principaux moteurs de cette nouvelle étape. Les opérateurs l’utilisent déjà pour améliorer la performance des réseaux, optimiser la relation client ou développer de nouveaux services. Toutefois, la GSMA souligne que l’Afrique concentre plus de 30 % des langues parlées dans le monde, alors que les principaux modèles d’IA restent largement entraînés en anglais et dans d’autres langues à forte disponibilité de données. Pour combler cet écart, l’organisation soutient notamment le programme « AI language models in Africa, by Africa, for Africa », destiné à favoriser l’émergence de modèles développés à partir de données africaines.
Parallèlement, l’initiative GSMA Open Gateway gagne du terrain. Celle-ci permet aux opérateurs de proposer aux entreprises et aux développeurs des API réseau standardisées. Ces interfaces ouvrent la voie à de nouveaux services dans les domaines du commerce électronique, des services financiers ou encore des administrations numériques, tout en renforçant la vérification d’identité et la lutte contre la fraude.
Le coût des terminaux et des services demeure le principal obstacle à l’adoption
Pour autant, les infrastructures ne suffisent pas. Le coût des terminaux et des services demeure le principal obstacle à l’adoption. La GSMA estime qu’une baisse des taxes sur les appareils et les services numériques pourrait accélérer la diffusion de l’internet mobile dans plusieurs pays africains. L’amélioration des compétences numériques et le développement d’un écosystème plus inclusif constituent également des leviers essentiels.
Les investissements restent néanmoins soutenus. Les opérateurs devraient consacrer plus de 76 milliards de dollars au développement des infrastructures entre 2024 et 2030. L’adoption de la 5G devrait parallèlement progresser pour représenter 21 % des connexions mobiles du continent à l’horizon 2030.
Au-delà des chiffres, le rapport met en évidence une réalité plus profonde : la prochaine bataille numérique africaine ne se jouera plus sur l’accès aux réseaux, mais sur leur appropriation. L’enjeu pour les gouvernements et les opérateurs sera désormais de rendre les services plus accessibles et plus abordables afin que la révolution numérique profite au plus grand nombre.
Consulter le rapport : GSMA’s Mobile Economy Africa 2026 report