lundi, 18 mai, 2026
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La Chambre des chefs rejette la proposition de fusionner le Bureau des terres coutumières avec la Commission foncière.
La Chambre nationale des chefs a fermement rejeté les recommandations du Comité de révision constitutionnelle (CRC) proposant la fusion du Bureau de l'administrateur des terres coutumières (OASL) avec la Commission foncière, insistant sur le fait que l'institution doit rester un organe séparé et protégé constitutionnellement.
La Chambre soutient que l'OASL devrait continuer à fonctionner de manière indépendante sous l'égide du ministère des Terres et des Ressources naturelles, faisant valoir que toute tentative de fusion avec la Commission des terres pourrait compromettre la gestion des revenus fonciers coutumiers.
Dans un communiqué publié par la greffière principale, Janet Naa Adjetey Adjeley, la Chambre a souligné que l'OASL avait été créée suite à un plaidoyer soutenu des autorités traditionnelles lors de la rédaction de la Constitution de 1992.
Il a été noté que ce bureau avait été créé en réponse aux préoccupations concernant le manque de transparence et la mauvaise gestion des revenus fonciers des chefs traditionnels sous l'ancienne Commission foncière, ajoutant que les chefs avaient insisté sur une structure dédiée pour assurer une bonne administration des fonds destinés au développement au niveau traditionnel.
« Les chefs ont toujours souhaité que leurs fonds soient gérés séparément au profit des autorités traditionnelles et du développement local », indique le communiqué, ajoutant que l'OASL n'a pas été créée uniquement comme un organisme de collecte de revenus, mais aussi pour soutenir l'administration et la gestion des terres de selle et de peau conformément aux articles 267(7) et 267(8) de la Constitution de 1992.
Inquiétudes concernant le projet de fusion
La Chambre a exposé plusieurs objections à la proposition de la CRC, avertissant que la fusion des deux institutions pourrait exposer les revenus fonciers coutumiers à des risques financiers en raison des difficultés existantes au sein de la Commission foncière.
Elle a cité des affaires judiciaires en cours et des ordonnances de saisie-arrêt affectant les comptes de la Commission foncière, arguant que de telles pressions juridiques et financières pourraient avoir un impact négatif sur la gestion des fonds fonciers coutumiers.
La Chambre a également exprimé son inquiétude quant à la combinaison de l'administration foncière coutumière et de la gestion foncière étatique, décrivant les deux systèmes comme fondamentalement distincts par nature et par fonction.
Il a également fait référence à la fusion de 2008 des agences du secteur foncier en vertu de la loi sur la Commission foncière (loi 767), la décrivant comme une réforme qui n'a pas permis d'obtenir les gains d'efficacité escomptés et qui a au contraire aggravé les goulets d'étranglement administratifs.
Selon le communiqué, avant cette restructuration, le Conseil d'évaluation foncière opérait dans plusieurs districts, fournissant des services décentralisés qui ont depuis été réduits.
La Chambre a également rejeté les suggestions selon lesquelles l'OASL et la Commission des terres fonctionnent de manière isolée, en soulignant les dispositions légales existantes en vertu de l'article 14 de la loi foncière de 2020 (loi 1036) et de l'article 7 de la loi sur la Commission des terres, qui exigent déjà une coopération entre les deux institutions dans l'administration coutumière des terres.
Appel au renforcement de l'OASL
Plutôt qu'une fusion, la Chambre nationale des chefs exhorte le gouvernement à renforcer l'OASL en améliorant les effectifs grâce à une autorisation financière et en élargissant son mandat au-delà des terres ancestrales et des terres de peau.
Elle a fait valoir que, puisque les terres coutumières représentent environ 80 % de la superficie du Ghana, elles nécessitent une institution dédiée et dotée de ressources suffisantes, capable d'assurer une gestion efficace et responsable.
La Chambre a réaffirmé sa position selon laquelle la protection de l'indépendance de l'OASL est essentielle pour préserver les revenus fonciers coutumiers et assurer un développement équitable dans les juridictions traditionnelles.
Crédit : Graphic