Les Etats-Unis prévoient une escorte dans la marine du Golfe après que les Iraniens menacent un pétrolier britannique

Le HMS Montrose, une frégate de la Royal Navy, a été forcé de dresser ses armes sur des bateaux iraniens armés menaçant un pétrolier britannique dans le Golfe/AFP

Le Pentagone a annoncé jeudi qu’il discutait de l’escorte militaire de navires dans le Golfe un jour après que des bateaux iraniens armés aient menacé un pétrolier britannique.

Le général Mark Milley, candidat de la Maison Blanche au poste de président de l’état-major interarmées, a déclaré que Washington tentait de constituer une coalition « visant à fournir une escorte militaire, une escorte navale à la navigation commerciale ».

« Je pense que cela va se développer dans les prochaines semaines », a déclaré Milley au Comité sénatorial des forces armées.

Les tensions dans le Golfe se sont accrues ces dernières semaines, l’économie iranienne étant en chute libre à la suite de la réimposition des sanctions américaines après que le président Donald Trump se soit retiré d’un accord international de 2015 visant à freiner le programme nucléaire iranien.

La chaîne d’événements rapide complique encore les efforts de la Grande-Bretagne et d’autres alliés européens pour sauver l’accord nucléaire de 2015 avec JCPOA malgré le retrait des États-Unis.

La déclaration de Milley intervient après que Londres eut accusé Téhéran jeudi d’avoir déployé trois navires militaires pour « empêcher le passage » d’un pétrolier de 274 mètres (BP), le British Heritage.

« Nous sommes préoccupés par cette action et continuons à exhorter les autorités iraniennes à désamorcer la situation dans la région », a déclaré un porte-parole de Downing Street.

La menace iranienne du supertanker de BP mercredi semblait être en représailles de la saisie britannique du pétrolier iranien Grace 1 au large de Gibraltar le 4 juillet.

Les gardes de la révolution iraniens ont nié toute implication dans l’incident britannique, mais ont déclaré que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne regrettaient « vivement » la détention britannique du pétrolier iranien entièrement chargé au large de Gibraltar pour violation des sanctions imposées à la Syrie, qui serait le destinataire prévu de sa cargaison.

Washington et Riyad avaient précédemment accusé l’Iran d’avoir utilisé des mines à crépine pour percer des navires dans la région du Golfe en mai et juin, et Trump a failli ordonner une attaque contre l’Iran en guise de représailles.

– Une présence navale constante –

Les autorités britanniques et françaises refusent de confirmer les discussions sur une opération d’escorte de pétroliers.

GETTY / AFP / MARK WILSONLe général de l’armée américaine Mark Milley a déclaré au Comité des services armés du Sénat que les Etats-Unis discutaient avec leurs alliés d’une opération d’escorte navale pour les pétroliers dans le Golfe face aux menaces de l’Iran

Tous deux, comme les États-Unis, maintiennent une présence navale constante dans le Golfe.

Mais Londres et Paris ont été réticents à se joindre à la campagne de « pression maximale » menée par Washington contre l’Iran afin de le contraindre à renoncer à son implication dans les conflits en Syrie, en Irak et au Yémen.

Les médias britanniques ont rapporté que le déploiement éventuel d’un plus grand nombre de navires de la Royal Navy dans la région avait été « examiné » au lendemain du dernier incident.

Mais en France, un responsable gouvernemental a déclaré à l’AFP qu’il ne prévoyait pas pour l’instant d’étendre sa présence dans le Golfe.

« La France est en voie de désescalade », a déclaré ce responsable.

« L’envoi de moyens militaires supplémentaires dans la région ne nous semble pas utile. »

Un effort conjoint reprendrait l’opération dirigée par les États-Unis en 1987-1988 pour protéger les pétroliers koweïtiens des attaques iraniennes pendant la guerre Iran-Irak.

– ‘Harcèlement illégal’ –

AFP /Tensions dans le Golfe

Des sources de la défense britannique ont déclaré aux médias que les bateaux des gardiens de la révolution avaient tenté de s’arrêter puis de détourner le supertanker vers la côte iranienne.

Le HMS Montrose, une frégate de la Royal Navy, a ensuite entraîné ses canons sur les bateaux iraniens et a diffusé un message « cesser et renoncer » par radio.

Le vice-amiral Jim Malloy, commandant de la cinquième flotte américaine couvrant le Moyen-Orient, a accusé les gardiens de la révolution de « harcèlement illégal » du navire britannique.

« Nous continuons à travailler en étroite collaboration avec la Royal Navy, ainsi qu’avec tous nos partenaires régionaux et mondiaux qui partagent notre engagement de préserver et de défendre la libre circulation des échanges et la liberté de navigation », a-t-il déclaré.

Les Gardiens de la révolution – une vaste et puissante organisation de sécurité – ont déclaré qu’il n’y avait eu « aucun affrontement au cours des dernières 24 heures avec des navires étrangers ».

La police de Gibraltar a annoncé l’arrestation jeudi du capitaine indien et de l’officier du pétrolier iranien saisi, ce qui pourrait aggraver les tensions.

– Récupération de l’accord nucléaire –

AFP / File / JORGE GUERREROLegéantiranien Grace 1 au large des côtes de Gibraltar a été saisi par les autorités britanniques pour avoir prétendument violé les sanctions imposées à la Syrie, où il était annoncé avec une cargaison de pétrole brut

La Grande-Bretagne et d’autres pays européens ont essayé de préserver l’accord sur le nucléaire de 2015 en mettant en place leur propre mécanisme commercial indépendant qui échappe aux sanctions américaines contre Téhéran.

L’Iran s’était conformé à l’accord – même après le retrait des Etats-Unis – mais ces dernières semaines, Téhéran a augmenté l’enrichissement en uranium en réaction, rompant consciemment ses propres obligations en vertu du pacte JCPOA dans l’espoir de contrer les mesures prises par Washington.

Mais cela met la stratégie européenne sous tension.

Alors que la tension monte, Trump a discuté par téléphone jeudi des activités « malveillantes » de l’Iran dans la région avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a annoncé la Maison Blanche.

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