La Russie condamne le Royaume-Uni pour s’être emparé du pétrolier iranien au large de Gibraltar

Un navire de la Royal Navy britannique (à gauche) patrouille près du supertanker Grace 1, soupçonné de transporter le pétrole brut iranien en Syrie, en violation des sanctions de l’UE, après sa saisie au large de Gibraltar le 4 juillet 2019. (Photo de l’AFP)

La Russie a condamné la Grande-Bretagne pour la saisie d’un supertanker opéré par l’Iran au large des côtes de Gibraltar, qualifiant cette mesure provocatrice de démarche délibérée visant à aggraver encore la situation au Moyen-Orient.

« Nous condamnons la saisie d’un super pétrolier battant pavillon panaméen, commise en juillet par les autorités de Gibraltar et soutenues par les Royal Marines britanniques », a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué publié vendredi par l’agence de presse TASS.

Jeudi matin, les Royal Marines britanniques à Gibraltar ont pris d’assaut le Grace 1 de 300 000 tonnes et l’ont arrêté, l’accusant de transporter du pétrole vers la Syrie, en violation éventuelle des sanctions de l’Union européenne à l’encontre du pays arabe déchiré par la guerre.

«Nous considérons la détention du navire et de sa cargaison comme une étape délibérée visant à aggraver encore la situation autour de l’Iran et de la Syrie. Les commentaires des responsables britanniques et américains venus immédiatement après cette opération ne font que confirmer ces évaluations et indiquent que cette opération avait déjà été planifiée et qu’elle impliquait les services et agences correspondants de plusieurs pays », a ajouté le ministère russe des Affaires étrangères.

Selon les autorités de Gibraltar, les 28 membres d’équipage, ressortissants de l’Inde, du Pakistan et de l’Ukraine, sont actuellement à bord du navire-citerne, accompagnés de policiers et de douaniers locaux arraisonnant le navire pendant une période d’enquête.

L’Iran a condamné cette mesure comme étant une «piraterie maritime» et a convoqué l’ambassadeur de Grande-Bretagne en signe de protestation. Il s’est engagé à utiliser toutes ses capacités politiques et juridiques pour obtenir la libération du navire et faire respecter ses droits.

Vendredi, le secrétaire du Conseil d’expertise iranien, Mohsen Rezaei, a appelé à la saisie réciproque d’un pétrolier britannique au cas où Londres refuserait de libérer le navire.

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Par ailleurs, le ministre espagnol des Affaires étrangères par intérim, Josep Borrell, a déclaré vendredi que Madrid envisageait de déposer une plainte formelle contre le Royaume-Uni, d’étudier les circonstances et d’examiner l’incidence de cet incident sur sa souveraineté.

L’Espagne, qui conteste la propriété britannique de Gibraltar, a déclaré que la saisie avait été motivée par une demande des États-Unis à la Grande-Bretagne et semblait avoir eu lieu dans les eaux espagnoles.

Cependant, le territoire d’outre-mer revendiqué par les Britanniques a rejeté la demande, affirmant que Gibraltar avait agi de manière indépendante.

La position de Gibraltar intervient alors qu’un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères avait salué cette décision jeudi, la décrivant comme une « action ferme des autorités de Gibraltar, agissant pour faire respecter le régime des sanctions de l’Union européenne contre la Syrie ».

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La saisie de Grace 1, enregistrée au Panama, intervient alors que les États-Unis se sont engagés à réduire à zéro les exportations de pétrole iranien dans le cadre des sanctions qu’il a rétablies après la signature d’un accord nucléaire multilatéral historique avec l’Iran en mai dernier.

Les tensions se sont encore intensifiées entre Washington et Téhéran lorsque les États-Unis ont commencé à déployer des renforts militaires et des troupes au Moyen-Orient au début du mois de mai, citant de prétendues « menaces » de l’Iran.

Plusieurs pétroliers ont également été pris pour cibles près de la région du golfe Persique. Washington et son allié, l’Arabie saoudite, ont rapidement accusé l’Iran de ces attaques. Téhéran a rejeté toute implication, affirmant que les incidents semblaient être de faux drapeaux destinés à encadrer la République islamique.

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