lundi, 15 juin, 2026
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Selon le Wall Street Journal, le Pentagone mise sur des missiles moins chers pour compenser l’épuisement de ses stocks
Le Wall Street Journal a révélé que le Pentagone cherche de nouvelles solutions au problème de son arsenal militaire, à savoir les missiles coûteux qu’il a utilisé pendant la guerre contre l’Iran à un rythme plus rapide que celui de leur remplacement.
Selon le journal, la solution sur laquelle travaille le ministère consiste à développer des missiles moins coûteux, pouvant être produits en grand nombre et plus rapidement.
Le problème, c’est que les missiles sur lesquels compte l’armée américaine sont précis et sophistiqués, mais ils sont coûteux et lents à produire.
Avec leur utilisation croissante dans les conflits, Washington craint que ses stocks ne s’épuisent plus vite que les fabricants d’armements ne puissent les reconstituer, limitant ainsi sa capacité à dissuader ou à s’engager dans plus d’une confrontation à la fois.
Le journal a indiqué dans un article publié dimanche, que l’armée américaine utilise des contrats non conventionnels, confiant à des entreprises de l’industrie de la défense la conception de nouvelles armes à partir de zéro, dans le but de réduire les délais de production de plusieurs années et les coûts de centaines de millions de dollars.
Une initiative de l’armée américaine, connue sous le nom de « Programme de missiles conteneurisés à faible coût », vise à produire des milliers de missiles pouvant être lancés depuis des conteneurs mobiles montés sur des véhicules.
Le programme stipule que le coût d’un missile ne doit pas dépasser 500 000 $. Un autre projet militaire demandait également aux entreprises de développer des missiles de défense aérienne coûtant moins de 250 000 $ l’unité.
Le journal a comparé ces chiffres au coût des missiles intercepteurs modernes du système Patriot, produits par Lockheed Martin, dont certains nécessitent plus de deux ans de fabrication et coûtent environ 4 millions de dollars chacun.
L’armée de l’air américaine travaille également sur un projet distinct visant à acquérir des dizaines de milliers de missiles moins coûteux au cours des prochaines années.
Le Wall Street Journal a cité des responsables militaires affirmant que ces nouvelles initiatives ne remplaceront pas de sitôt les missiles de pointe produits par des sociétés telles que Lockheed Martin et RTX, que les forces américaines utilisent et sur lesquels elles s’entraînent depuis des décennies.
Mais l’objectif est d’ouvrir dès maintenant de nouvelles lignes de production, afin que l’armée américaine dispose d’un plus large éventail d’options dans les années à venir, au lieu de dépendre entièrement de missiles coûteux et lents à produire.
Le coût de fabrication des armes, des missiles aux avions ravitailleurs, a augmenté au fil du temps, les entreprises de défense ayant ajouté des couches électroniques avancées aux munitions et aux armes interceptrices, dans le but d’améliorer leur précision et leur capacité à surmonter les contre-mesures ennemies.
Le rapport cite des experts du secteur qui affirment que la lenteur de la production et les coûts élevés sont dus à l’irrégularité des financements approuvés par le Congrès et à la réticence des responsables du Pentagone à prendre des décisions.
Mais ce système profite aux grandes entreprises de défense, qui engrangent des milliards de dollars par an grâce aux ventes de munitions et bénéficient de contrats générant des revenus supplémentaires à chaque modification ou mise à niveau.
Ces efforts interviennent à un moment où le Congrès et les dirigeants militaires s’inquiètent de plus en plus de l’incapacité des États-Unis à se réarmer assez rapidement pour dissuader les menaces ou répondre aux conflits.
Ces inquiétudes étaient déjà vives avant la guerre contre l’Iran, mais elles se sont accrues après que la guerre a affecté les stocks d’armes américains.
Selon le journal, les États-Unis ont lancé plus d’un millier de missiles Tomahawk cette année dans leur guerre contre l’Iran, pour un coût d’au moins 2,5 milliards de dollars.
Source : Al Manar