Konaté Navigué : "Notre ambition est de bâtir une politique du pouvoir d'achat fondée sur les réalités du terrain et sur l'intelligence collective."

New Africa mardi, 14 juillet, 2026 117 0 0 1
Konaté Navigué : "Notre ambition est de bâtir une politique du pouvoir d'achat fondée sur les réalités du terrain et sur l'intelligence collective."
Selon Konaté Navigué, le pouvoir d'achat est aujourd'hui une des préoccupations majeures des ménages ivoiriens. Chaque jour, des millions de familles font face à une augmentation du coût de la vie..

Pour promouvoir le Pacte social, le Parti des Peuples Africains - Côte d'Ivoire (PPA-CI) a mené une séance de La Tribune du Parti le mardi 14 juillet 2026 à 11h. Cet événement s'est déroulé au siège du Parti, situé à la Riviera-Bonoumin. 


Cette tribune a été animée par Konaté Navigué, Secrétaire Général Adjoint en charge du Pilier "Pouvoir d'achat et cherté de la vie" du Pacte Social. Il a souligné l'importance du développement et de la croissance pour la vie des citoyens.


Selon Konaté Navigué, le pouvoir d'achat est aujourd'hui une des préoccupations majeures des ménages ivoiriens. Chaque jour, des millions de familles font face à une augmentation du coût de la vie qui réduit leur capacité à se nourrir correctement, se loger, se soigner, assurer la scolarité de leurs enfants et vivre dignement.


Par ailleurs, il a vivement critiqué la politique sociale du régime RHDP :

"Le SMIG en Côte d'Ivoire est pitoyable. Le régime RHDP augmente la masse salariale d'une main, mais récupère tout de l'autre à travers la hausse de nos charges quotidiennes : augmentation des factures d'eau, d'électricité, multiplication des ponts à péage, hausse du prix du carburant qui fait grimper le coût du transport, augmentation des loyers...", a-t-il dénoncé.

Vous trouverez ci-après un large extrait de ses propos liminaires.


Mesdames, 

Mesdemoiselles et Messieurs,


Votre participation témoigne de l'intérêt que vous accordez à une question qui dépasse largement le débat économique : celle du pouvoir d’achat des ivoiriens. Le pouvoir d’achat est la capacité réelle d’un citoyen à satisfaire ses besoins essentiels et à améliorer son niveau de vie grâce aux revenus dont il dispose. Une croissance économique n'a de véritable valeur que lorsqu'elle améliore concrètement le quotidien des populations. Les statistiques peuvent être encourageantes. Les indicateurs macroéconomiques peuvent être satisfaisants. 

Mais si les familles peinent chaque jour davantage à se nourrir, à se loger, à se déplacer, à se soigner ou à scolariser leurs enfants, alors cette croissance perd une grande partie de son sens. Le véritable développement se mesure d'abord à la qualité de vie des citoyens. Lorsque les prix augmentent plus rapidement que les revenus, le pouvoir d'achat diminue. Et lorsque le pouvoir d'achat s'érode durablement, c'est la confiance, la cohésion sociale et l'espérance qui s'affaiblissent, et la pauvreté s’installe durablement. 

La pauvreté ne choisit ni ses victimes ni ses territoires. Elle ne connait ni religion, ni origines, ni appartenance politique. Elle n’a pas d’idéologie. La pauvreté n’est ni de droite ni de gauche. 

Elle frappe partout où les revenus ne permettent plus de vivre dignement. A l’inverse, un pouvoir d’achat solide favorise la stabilité des familles, la paix sociale, la confiance dans l’avenir et la prospérité collective. C'est pourquoi nous affirmons avec conviction qu'il ne peut y avoir ni croissance véritable, ni développement durable, sans un pouvoir d'achat préservé. De fait, le pouvoir d'achat est bien plus qu'un indicateur économique. Il est un enjeu de justice sociale, de souveraineté économique, de cohésion nationale et de stabilité démocratique.

 C’est le véritable point de rencontre entre l'économie et la dignité humaine. C'est dans cet esprit que le Président Laurent Gbagbo a souhaité lancer le Pacte social. Son ambition est claire : replacer l'humain au cœur de l'action publique et faire du pouvoir d'achat un véritable indicateur de réussite des politiques économiques. Notre conviction est simple : vivre dignement en Côte d'Ivoire doit redevenir une priorité nationale.


Je voudrais, à cet égard, remercier l'ensemble des journalistes présents à cette première conférence de presse consacrée au pilier « Pouvoir d'achat ».Dans une démocratie moderne, les médias ne sont pas seulement des témoins de l'actualité.  Ils sont également des acteurs essentiels du débat public, des vecteurs de pédagogie et des partenaires de la transparence. Ce matin, il ne s'agit pas d'une conférence de presse ordinaire. Il ne s'agit pas davantage d'annoncer un programme supplémentaire, pas plus qu’il ne s’agit de présenter une succession de promesses.

Nous sommes réunis pour ouvrir un nouveau chapitre de notre engagement collectif en faveur du pouvoir d'achat des Ivoiriens. Car derrière chaque statistique économique, il y a un visage. Derrière chaque hausse des prix, il y a un sacrifice. Derrière chaque facture devenue trop lourde, il y a parfois un renoncement. Et derrière chaque décision publique se joue une part de la dignité de nos concitoyens.

Nous sommes socialistes et progressistes. Nous croyons en l’homme et le progrès économique n'a de sens que lorsqu'il améliore la condition humaine. Donc investir dans l'humain, c'est investir dans la paix, dans la croissance durable et dans l'avenir.

Comme le rappelle souvent le Président Laurent Gbagbo, la politique doit partir du réel. Elle doit comprendre les réalités vécues afin de mieux les transformer. Autrement dit, gouverner, c'est avoir la capacité de comprendre la logique du réel pour agir efficacement sur ce réel.

Telle est notre conception de la politique. Notre analyse montre aujourd'hui que dix secteurs déterminent l'essentiel du pouvoir d'achat des ménages ivoiriens :l'alimentation ;le transport ;l'électricité ;l'eau ;la santé ;l'éducation ;le logement ;les télécommunications ;l'emploi ;la fiscalité. Agir sur ces dix leviers, c'est agir directement sur la qualité de vie des Ivoiriens. C'est remettre l'humain et le social au cœur de la décision publique. Nous sommes « humains, trop humains », pour paraphraser Nietzsche parce que la politique doit toujours commencer par l'homme et se terminer par l'homme.

Pour réussir ce pari, nous proposons cinq (05) engagements :1/ Comprendre : mesurer sans complaisance le cout réel de la vie2/ protéger : défendre le consommateur face à la vie chère3/ rassembler : mettre autour de la table tous les partenaires sociaux (l’Etat, le secteur privé et les citoyens)4/ proposer : porter des reformes concrètes, chiffrées et applicables5/ agir : passer de la dénonciation stérile et de la proposition à la solution, aux résultats concrets.

Notre méthode Elle reposera sur cinq principes simples :Écouter, pour comprendre les réalités vécues ;Dialoguer, pour construire les solutions avec toutes les parties prenantes ;Analyser, afin d'objectiver les constats ;Proposer, en transformant les constats en réformes concrètes ;Vulgariser, pour rendre les enjeux accessibles à tous les citoyens.

Nous devons aboutir à Vingt (20) propositions structurantes qui constitueront le socle de notre travail. Elles seront enrichies par les consultations régionales, les échanges avec les acteurs économiques, les collectivités territoriales, les organisations de consommateurs, les syndicats, les experts et les citoyens.1. Pacte national contre la vie chère Créer un cadre de concertation réunissant pouvoirs publics, consommateurs, producteurs, commerçants, transporteurs, syndicats et collectivités afin d’identifier les leviers immédiats de baisse ou de stabilisation des prix essentiels.2.

 Baromètre mensuel des produits essentiels

Suivre chaque mois les prix d’un panier de produits de base dans les principales régions, en publiant des tendances simples et compréhensibles

.3. Transparence sur la formation des prix

Demander la publication pédagogique des composantes du prix des produits sensibles : production, transport, marge, taxes, stockage, distribution.4. 

Plan produire ivoirien, consommer ivoirien


Soutenir les filières vivrières et agroalimentaires locales afin de réduire la dépendance aux importations et créer des emplois.

5. 

Réforme des circuits de commercialisation

Réduire les intermédiaires abusifs, améliorer le stockage, développer les marchés de gros et renforcer la logistique rurale.

6. Soutien aux coopératives agricoles

Renforcer les coopératives en financement, équipements, formation et accès direct aux marchés.


7. Fonds de stabilisation ciblé

Étudier un mécanisme temporaire et transparent pour stabiliser certains produits de première nécessité en période de choc.

8. Fiscalité allégée sur les produits essentiels

Évaluer les taxes qui pèsent sur les produits de base et proposer des ajustements ciblés, temporaires et compensés.

9. Lutte contre la spéculation

Renforcer la surveillance des pratiques abusives, ententes et stockages spéculatifs dans les périodes de tension.

10. Logement abordable

Promouvoir un programme de loyers accessibles, de logement social réel et de facilitation du foncier sécurisé.

11. Transport populaire

Développer un dialogue permanent sur le transport urbain et interurbain afin de réduire les coûts et améliorer l’offre.

12. Santé accessible

Réduire le reste à charge des ménages par une meilleure disponibilité des médicaments essentiels et une couverture plus effective.

13. Rentrée scolaire maîtrisée

Mettre en place un dispositif de suivi des coûts de la rentrée, des fournitures et frais annexes.

14. Factures d’eau et d’électricité plus lisibles.

Exiger une pédagogie tarifaire, une meilleure qualité de service et un traitement équitable des réclamations.

15. Télécoms et internet abordables

Ouvrir une concertation sur le coût des données et la qualité de service, notamment pour les jeunes et les entrepreneurs.

16. Emploi productif des jeunes

Relier pouvoir d’achat et revenu par un programme de soutien à l’emploi, aux PME et à l’apprentissage.

17. Protection du petit commerce Accompagner les petits commerçants, artisans et acteurs de l’informel par la formation, le financement adapté et la simplification administrative.

18. Dialogue social permanent Institutionnaliser des rencontres régulières avec syndicats et organisations professionnelles sur salaires, revenus et coût de la vie.

19. Observatoire citoyen du pouvoir d’achat

Créer un réseau de remontée citoyenne des prix, abus, pénuries et préoccupations locales via les points focaux.

20. Rapport national annuel

Publier chaque année un rapport indépendant du Pilier avec constats, données, propositions et suivi des recommandations.

Notre ambition est de bâtir une politique du pouvoir d'achat fondée sur les réalités du terrain et sur l'intelligence collective.

Mesdames et Messieurs,


Le pouvoir d'achat n'est pas seulement une variable économique. 

C'est une question de justice sociale ; de dignité et de souveraineté nationale. Le Président Laurent Gbagbo est convaincu que la richesse produite par une nation doit d'abord améliorer les conditions de vie de celles et ceux qui la créent.

Notre ambition est simple.
Permettre à chaque Ivoirienne et à chaque Ivoirien de vivre dignement de son travail.
Permettre à chaque famille d'espérer un avenir meilleur.

Permettre à notre pays de conjuguer croissance économique et progrès social et de vivre dans un espace ou le bien-être coïncide avec le bien-vivre. 

 Construire une Côte d'Ivoire plus juste, plus solidaire et plus prospère.Une Côte d'Ivoire où la croissance se traduit enfin par une amélioration tangible du quotidien des populations.

Mesdames et messieurs, C’est Paul Ricœur qui disait que : «« La politique est la responsabilité de rendre possible ce qui est nécessaire. »»C'est cette responsabilité que nous assumons aujourd'hui devant la Côte d’Ivoire, l’Afrique et le monde.

Que Dieu qui écrit droit avec les lignes courbes nous bénisse.

Je vous remercie et je suis à votre disposition pour d’éventuelles questions.


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