dimanche, 20 septembre, 2026
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Paris appelle Moscou à "revenir" sur sa prise de contrôle d'entreprises françaises
Selon un décret du président Vladimir Poutine publié jeudi, ces actifs ont été transférés sous "administration temporaire" d'une même société.
"La France dénonce la mise sous administration provisoire sans justification des filiales russes de plusieurs entreprises françaises et européennes" et elle "est en contact étroit avec les entreprises concernées et appelle les autorités russes à revenir sur cette décision", selon un communiqué conjoint des ministères des Affaires étrangères et de l'Economie.
Depuis l’offensive russe en Ukraine en 2022 et les premières sanctions économiques décrétées par les Occidentaux, de nombreuses multinationales ont quitté la Russie, d'autres y ont suspendu leurs activités, et leurs actifs ont été saisis et transférés à des sociétés russes.
Mais certaines marques sont restées implantées, ce qui leur a valu parfois de vives critiques de l'Ukraine - et au-delà - au motif qu'elles participeraient ainsi au financement de l'Etat russe et donc de l'effort de guerre.
"L'un des facteurs qui a été pris en compte pour cette décision est le fait qu'il s'agit de pays inamicaux (...) qui sont actuellement impliqués de la manière la plus active possible dans des actions militaires contre notre pays" et "ont pris part aux frappes menées par le régime de Kiev contre nos infrastructures civiles et économique", a déclaré vendredi Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence russe.
Les actifs concernés, appartenant à Auchan, l'ex-Leroy Merlin et Nestlé ont été confiés à la société russe "L.E.V. Management", qui d'après le média d'investigation russe Novaïa Gazeta Europa a été fondée fin 2025 et est dirigée par Andreï Kraiouchkine, un général du ministère russe de l'Intérieur.
Nestlé a indiqué dans un bref communiqué "prendre note" de ce décret et être en train "d'évaluer la situation et ses options". Le géant suisse de l'alimentation entend "prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses droits et assurer la continuité de ses activités, dans l'intérêt de toutes les parties prenantes, et en particulier de ses employés".
Prélude à une expropriation ?
La filiale russe d'Auchan a de son côté indiqué avoir demandé des "clarifications" aux autorités, dans une déclaration citée par les agences de presse TASS et Ria Novosti.
Auchan et l'ex-Leroy Merlin, deux enseignes contrôlées par la famille française Mulliez, comptent chacune des dizaines de magasins en Russie. L'ex-filiale russe de Leroy Merlin avait été acquise fin 2023 par une société basée à Dubaï et rebaptisée Lemana Pro en 2024.
Présent en Russie sous le nom "Achan" depuis 2002, Auchan est l'un des principaux acteurs du secteur de la grande distribution. Sur le site internet de sa filiale russe, il recense plus de 33.000 employés dans ce pays, dans 241 magasins, dont 62 hypermarchés.
Une autre chaîne à succès de la galaxie Mulliez, l'enseigne d'équipements sportifs Decathlon avait, elle, arrêté ses activités en Russie dès mars 2022, au début de la guerre, à cause de problèmes d'approvisionnement liés aux sanctions.
Concernant Nestlé, le décret mentionne le transfert d'actifs appartenant à "Nestle Deutschland AG" ainsi qu'à la "Société des produits Nestle".
Nestlé dispose de six usines dans le pays et y emploie environ 7.000 personnes. Il y vend des produits pour bébé, du café, des produits pour animaux de compagnie et des confiseries.
"Historiquement, cette pratique a souvent été le prélude à une vente forcée ou à une expropriation", comme "cela avait été le cas, par exemple, pour Danone et Carlsberg en 2023", soulignent les analystes de Jefferies dans un commentaire boursier.
Ils estiment le chiffre d'affaires de Nestlé en Russie à "environ 2%", mais considèrent eux aussi que l'impact financier reste "limité", évoquant en cas de cession forcée une possible dépréciation d'actifs pouvant atteindre "environ 1 milliard de francs suisses" (1,05 milliard d'euros).
SOURCE:TRT français et agences