Liban : l’ONU appelle à l’arrêt des hostilités et plaide pour une solution politique Play video

New Africa mercredi, 1 avril, 2026 7 0 0 0
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Dans le contexte de la guerre en cours au Moyen-Orient, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence mardi, à la demande de la France, après la mort de trois Casques bleus de la mission de paix des Nations Unies au Liban, la FINUL, déployée le long de la Ligne bleue, qui sépare le Liban et Israël.

Le chef des opérations de paix des Nations Unies, Jean-Pierre Lacroix, a expliqué aux quinze Etats membres du Conseil de sécurité que la situation s’est dangereusement détériorée au Liban avec l’escalade en cours entre le Hezbollah pro-iranien et Israël le long de la Ligne bleue et au-delà. Il a déclaré que des enquêtes sont en cours pour établir les circonstances des récents incidents ayant entraîné la mort de trois soldats de la paix indonésiens et blessé plusieurs autres, dont certains grièvement. 

« Les Casques bleus ne doivent jamais être une cible », a-t-il martelé.

« Les attaques contre les Casques bleus doivent cesser et constituent de graves violations du droit international humanitaire », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans un communiqué de presse de son porte-parole mardi.


Une situation qui se détériore

M. Lacroix a rappelé que, depuis le 2 mars, le Hezbollah a intensifié ses attaques quotidiennes contre Israël, tandis que les forces israéliennes poursuivent leurs frappes et avancées en territoire libanais. Des milliers de tirs ont été recensés dans les deux sens au cours de la semaine écoulée. 

Il a décrit la progression de l'armée israélienne, jusqu’à 11 kilomètres en territoire libanais, Israël contrôlant désormais des zones substantielles au nord immédiat de la Ligne bleue. 

La FINUL fait état d’une multiplication d’incidents graves, incluant des restrictions de mouvement et des comportements agressifs. Des tirs de sommation et des attaques armées ont visé des patrouilles onusiennes, sans toutefois faire de victimes supplémentaires. 

Face à cette situation, la FINUL ajuste son dispositif afin de réduire les risques, tout en poursuivant ses efforts de coordination avec les parties pour prévenir toute escalade et faciliter l’accès humanitaire. Des aides essentielles ont été distribuées aux populations civiles affectées. 

M. Lacroix a plaidé pour la pleine mise en œuvre de la résolution 1701 (2006) qui vise à mettre fin aux hostilités entre Israël et le Hezbollah.

Pour une solution politique

De son côté, le Sous-Secrétaire général des Nations Unies pour le Moyen-Orient, l’Asie et le Pacifique, Khaled Khiari, a affirmé qu’une solution politique est la seule façon d’épargner les communautés des deux côtés de la Ligne bleue.

Il a salué les mesures prises par le gouvernement libanais pour assurer le contrôle des armes, tout en notant qu’il lui faudra du temps pour ce faire. Mais il s’est inquiété du fait que le Hezbollah met au défi la décision du Gouvernement.  

Les autorités libanaises n’appellent pas à la confrontation avec le Hezbollah mais à établir l’autorité de l’État au Liban, a souligné M. Khiari.

Une crise humanitaire

Depuis Beyrouth, où il a entamé lundi une visite, le Coordonnateur des secours d'urgence des Nations Unies, Tom Fletcher, a déclaré que « la situation des deux côtés de la Ligne bleue exige non seulement l’attention la plus soutenue du Conseil mais une action collective afin d’empêcher que la crise continue de s’aggraver ».

Notant que « le niveau d’angoisse et de tensions n’a jamais été aussi élevé depuis de nombreuses années » à Beyrouth, il a rappelé qu’au cours des quatre dernières semaines plus de 1 240 personnes ont été tuées, 3 500 autres blessées, et plus de 1,1 million de personnes ont été déplacées. Plus de 200 000 personnes ont traversé la frontière avec la Syrie, la plupart étant des Syriens ayant trouvé refuge par le passé au Liban.

Côté infrastructures, 6 des 8 ponts au sud du fleuve Litani ont été détruits et d’autres infrastructures vitales sont attaquées. Des communautés entières sont de plus en plus coupées du monde, s’est alarmé M. Fletcher.

Dans ce contexte de crise, l’ONU et ses partenaires ont lancé mi-mars un appel éclair de 308 millions de dollars, dont 94 millions de dollars ont été reçus. Près de 3 millions de repas chauds ont été distribués.

Le chef de l’humanitaire de l’ONU a interpellé le Conseil de sécurité en lui demandant quelle serait sa réponse si les forces israéliennes décident d’occuper le sud du Liban. Il s’est aussi inquiété du risque d’une propagation du conflit en Syrie.

Un pays qui n'est plus que l'ombre de lui-même

Dans une déclaration à la presse publiée lundi, la Coordinatrice spéciale des Nations Unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, a déclaré que « le Liban n'est plus que l'ombre de lui-même ». « Des régions entières de ce pays magnifique et chargé d'histoire ont été réduites en ruines, transformées en villes fantômes », a-t-elle déploré. 

« Une chose est claire : plus cette situation perdurera, plus il sera difficile de s'en relever. Alors que la rhétorique maximaliste bat son plein, la perspective d'un règlement négocié semble une entreprise colossale. Mais il faut bien commencer quelque part. Une trêve immédiate pour mettre fin aux ravages. Un accord sur des mesures fondamentales de renforcement de la confiance. Une intensification des efforts libanais pour replacer l'État au cœur des décisions de guerre et de paix, en s'attaquant non seulement aux groupes armés non étatiques, mais aussi aux préoccupations et aux griefs utilisés pour justifier leur existence. Et, enfin, l'ouverture de pourparlers entre le Liban et Israël. Telles sont les premières étapes, mutuellement complémentaires, indispensables pour briser les cycles récurrents de violence », a-t-elle ajouté.

« Les gains militaires tactiques peuvent générer des victoires à court terme, sur le champ de bataille comme en dehors. Mais ils risquent de causer des dommages irréversibles et durables à la stabilité et à la prospérité que méritent tant les Libanais que les Israéliens », a rappelé l’envoyée de l’ONU au Liban.

Source : ONU

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