AGIP souhaite qu'il reflète une jeunesse prise au sérieux et non une jeunesse que l'on occupe dans les maquis.

New Africa lundi, 3 août, 2026 41 0 0 0
AGIP souhaite qu'il reflète une jeunesse prise au sérieux et non une jeunesse que l'on occupe dans les maquis.
AGIP souhaite qu'il reflète une jeunesse prise au sérieux et non une jeunesse que l'on occupe dans les maquis.

COMMUNIQUÉ D'AGIP (Agir pour le Peuple)


FÊTE DE L'INDÉPENDANCE À YOPOUGON : LA BOISSON À SATIÉTÉ, OU LE MAUVAIS SIGNAL ENVOYÉ À UNE JEUNESSE EN DÉTRESSE…


À l'occasion du 66ᵉ anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, célébré pour la première fois dans la commune de Yopougon, le président du comité d'organisation propose d'offrir de la boisson à satiété à la population.


AGIP (Agir pour le Peuple) estime que cette initiative envoie un signal préoccupant à la jeunesse ivoirienne.

Yopougon, la plus grande commune de Côte d’Ivoire, sera sous le regard de la République et du peuple. 

L'image qui sera donnée ce jour-là de la jeunesse ivoirienne n'est donc pas anodine.


Pourtant, cette jeunesse traverse une crise profonde. Dans un pays où la moitié de la population a moins de trente ans, le chômage des jeunes demeure deux fois supérieur à la moyenne nationale. Selon la Banque mondiale, près d'un jeune sur cinq n'est ni en éducation, ni en emploi, ni en formation, une proportion encore plus élevée chez les jeunes femmes.


AGIP est également témoin de la détresse de nombreux docteurs, notamment à travers la FECODARCI, qui attendent depuis des années un recrutement sans réponse, sans oublier ces nombreux jeunes ivoiriens descolarisés qui n’ont aucune qualification. 


Dans ce contexte, faire de la boisson l'attraction principale d'une fête célébrant la souveraineté nationale interroge. La convivialité a naturellement sa place dans une célébration, mais un acte public se juge autant par son intention que par le message qu'il transmet.


Offrir de la boisson à satiété à une jeunesse en manque d'emploi, de formation et de perspectives risque de lui faire comprendre qu'elle est attendue comme une masse festive plutôt que comme une force de développement.


Comme l'écrivait Jean-Paul Sartre, « l'homme est ce qu'il fait de ce qu'on a fait de lui ». Une jeunesse que l'on divertit sans lui offrir de perspectives durables ne peut pleinement construire son destin.


Le problème n'est donc pas la boisson en elle-même, mais le symbole qu'elle devient lorsqu'elle occupe le premier plan, alors que l'emploi, la formation, l'insertion professionnelle ou le recrutement des diplômés auraient constitué des messages plus porteurs d'espérance.


Quelle image de la jeunesse veut-on présenter à la Nation et au reste du monde ? Celle d'une jeunesse qui boit à satiété ou celle d'une jeunesse qui revendique dignement son droit au travail, à la reconnaissance de ses compétences et à une véritable indépendance économique, sociale et professionnelle ?


Une fête nationale est un miroir que la Nation tend à elle-même. AGIP souhaite qu'il reflète une jeunesse prise au sérieux et non une jeunesse que l'on occupe dans les maquis.


Yopougon compte de nombreux diplômés et docteurs sans emploi. Sont-ils eux aussi attendus dans les maquis ? Cette formule sera-t-elle appliquée dans toutes les communes, notamment à Cocody ?


La jeunesse n'attend pas seulement une fête ; elle attend des perspectives, des décisions fortes et la concrétisation des engagements pris en sa faveur. Il n'y a que l'État qui, par ses politiques publiques, décide du type de citoyens qu'il souhaite former.


À l'occasion de cette célébration historique, des gestes plus porteurs d'espérance auraient pu être posés : envisager, lorsque la loi le permet, la libération des prisonniers d'opinion, annoncer la construction d'une université publique à Yopougon ou prendre des engagements concrets en faveur de l'emploi des jeunes diplômés, du recrutement des docteurs et du renforcement de la formation et de l'insertion des jeunes déscolarisés.


Une Nation grandit davantage lorsqu'elle nourrit l'espérance que lorsqu'elle multiplie les distractions. Les grandes fêtes nationales devraient être l'occasion d'annoncer des décisions qui transforment durablement l'avenir des citoyens.


L'indépendance ne prend tout son sens que lorsqu'elle permet à chaque jeune de se former, de travailler, de s'exprimer librement dans le respect des lois et de participer pleinement à la construction de la République.

L'indépendance ne devrait jamais se résumer à une boisson à volonté. Une jeunesse respectée se construit par l'éducation, l'emploi, le dialogue et l'espérance. C'est par ces choix que l'État révèle le type de citoyens qu'il souhaite former.


En entendant la libération du Secrétaire Général d’AGIP, Armand KRIKPEU. 


Fait à Abidjan, le 3 août 2026.


Pour AGIP (Agir pour le Peuple),

Secrétaire Général adjoint,

Dr TIAHI BI.

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